{"id":3795,"date":"2018-04-29T14:25:00","date_gmt":"2018-04-29T12:25:00","guid":{"rendered":"https:\/\/seo-berater-salzburg.at\/cglem\/au-dela-de-babel\/"},"modified":"2025-06-13T11:23:25","modified_gmt":"2025-06-13T09:23:25","slug":"au-dela-de-babel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cglem.org\/fr\/montebelli-fr\/au-dela-de-babel\/","title":{"rendered":"Au-del\u00e0 de Babel"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">Ch\u00e8re lectrice, cher lecteur dans la formule de salutation appropri\u00e9e !<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>\u00ab\u00a0Au commencement \u00e9tait le Verbe, et le Verbe \u00e9tait avec Dieu, et le Verbe \u00e9tait Dieu. [&#8230;] Tout a \u00e9t\u00e9 fait par lui, et rien de ce qui a \u00e9t\u00e9 fait n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 fait sans lui.\u00a0\u00bb<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Le prologue de l&rsquo;\u00c9vangile de Jean, l&rsquo;un des livres sacr\u00e9s de la franc-ma\u00e7onnerie, identifie d&rsquo;une part J\u00e9sus au Logos divin, et t\u00e9moigne d&rsquo;autre part de son humanit\u00e9.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Tout ce que J\u00e9sus dit et fait est la parole de celui qui est le Verbe \u00e9ternel, c&rsquo;est un signe qui renvoie \u00e0 l&rsquo;incarnation du Verbe dans le Christ fait homme.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Ce n&rsquo;est pas un hasard si, en h\u00e9breu, le mot \u00ab\u00a0dabar\u00a0\u00bb indique \u00e0 la fois \u00ab\u00a0parole\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0acte\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nement\u00a0\u00bb : c&rsquo;est la parole qui se r\u00e9alise et devient r\u00e9alit\u00e9. Comme dans \u00ab\u00a0Dieu dit : &lsquo;Que la lumi\u00e8re soit&rsquo; et la lumi\u00e8re fut\u00a0\u00bb : la parole divine exprime l&rsquo;\u0153uvre du Cr\u00e9ateur, c&rsquo;est une parole cr\u00e9atrice, une parole qui devient un acte au moment m\u00eame o\u00f9 elle est prononc\u00e9e.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Le concept du Verbe ou du Son g\u00e9n\u00e9rateur, capable de cr\u00e9er ex nihilo, se retrouve \u00e9galement dans d&rsquo;autres cultures : par exemple, le mot \u00ab\u00a0Abracadabra\u00a0\u00bb vient de l&rsquo;aram\u00e9en \u00ab\u00a0Avrah Kadabra\u00a0\u00bb qui signifie \u00ab\u00a0Je cr\u00e9erai ce que je dis\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Je cr\u00e9erai comme je parle\u00a0\u00bb.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Dans la religion hindoue, qui d\u00e9coule du brahmanisme et des textes sacr\u00e9s des V\u00e9das, on d\u00e9couvre la syllabe, ou plut\u00f4t le son \u00ab\u00a0Om\u00a0\u00bb, qui est le mantra le plus sacr\u00e9 et repr\u00e9sente la synth\u00e8se et l&rsquo;essence de tout mantra, rituel, texte sacr\u00e9 ou aspect du Divin.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Le Om est consid\u00e9r\u00e9 comme le son primordial qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 la cr\u00e9ation, une cr\u00e9ation qui est interpr\u00e9t\u00e9e comme la manifestation m\u00eame de ce son. C&rsquo;est de l&rsquo;O\u1e43 que vient la connaissance sacr\u00e9e, la triple connaissance : O\u1e43 est le Brahman, O\u1e43 est l&rsquo;univers entier.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Pythagore affirmait que \u00ab\u00a0Dieu g\u00e9om\u00e9trise\u00a0\u00bb et que \u00ab\u00a0la g\u00e9om\u00e9trie des formes est une musique solidifi\u00e9e\u00a0\u00bb, comme si le son pouvait g\u00e9n\u00e9rer des formes sonores et structurer la mati\u00e8re : comme si la mati\u00e8re \u00e9tait une forme sonore solidifi\u00e9e.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Le Logos est donc la parole cr\u00e9atrice, qui se fait chair dans le Christ ; mais avant cela, dans la cosmogonie h\u00e9br\u00e9o-chr\u00e9tienne, transmise dans le livre de la Gen\u00e8se, le Logos s&rsquo;incarne dans l&rsquo;aboutissement final de la Cr\u00e9ation : l&rsquo;homme.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>La cr\u00e9ation d&rsquo;Adam et d&rsquo;Eve \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;image et \u00e0 la ressemblance de Dieu\u00a0\u00bb, leur s\u00e9jour dans le paradis terrestre et leur bannissement de l&rsquo;Eden repr\u00e9sentent en fait le premier grand mythe de la s\u00e9paration.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Selon toutes les traditions de l&rsquo;humanit\u00e9, sous une forme voil\u00e9e ou explicite, la condition humaine actuelle de souffrance et de d\u00e9gradation est le r\u00e9sultat d&rsquo;un drame cosmique : le drame de l&rsquo;obscurcissement intellectuel de l&rsquo;Homme spirituel, l&rsquo;Adam Qadmon de la Kabbale juive, l&rsquo;Homme universel de l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme islamique, qui est, \u00e0 l&rsquo;origine, le libre seigneur de la cr\u00e9ation. C&rsquo;est ce que la tradition exot\u00e9rique chr\u00e9tienne d\u00e9crit comme le \u00ab\u00a0p\u00e9ch\u00e9 originel\u00a0\u00bb, la d\u00e9sob\u00e9issance.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>La s\u00e9paration vient en fait d&rsquo;un acte de d\u00e9sob\u00e9issance : Adam mange le fruit de l&rsquo;arbre de la connaissance du bien et du mal, d\u00e9sob\u00e9issant \u00e0 Dieu qui le lui avait interdit, puisque la connaissance du bien et du mal l&rsquo;aurait de facto rendu \u00e9gal \u00e0 Lui.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Mais cet acte de d\u00e9sob\u00e9issance peut aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un acte de courage extr\u00eame dans la recherche de la V\u00e9rit\u00e9, peut-\u00eatre le premier d&rsquo;une longue s\u00e9rie d&rsquo;actions qui ont caract\u00e9ris\u00e9 le chemin de l&rsquo;Homme, chass\u00e9 du Paradis et contraint de vivre sur Terre : un chemin qui, comme nous le verrons, n&rsquo;a d&rsquo;autre but que la recherche constante de la V\u00e9rit\u00e9 et le retour \u00e0 l&rsquo;Un indivis.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>L&rsquo;homme poss\u00e8de encore une \u00e9tincelle divine de lumi\u00e8re qui le rend capable de recevoir le Logos, de comprendre, ou mieux, de percevoir le message qui lui permet de reprendre conscience de sa nature lumineuse profonde et de retrouver son \u00e9tat originel d&rsquo;Homme spirituel libre et indivis.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Nous en arrivons ainsi au deuxi\u00e8me mythe de la s\u00e9paration, fondamental pour le parcours de l&rsquo;humanit\u00e9, repr\u00e9sent\u00e9 par la tour de Babel : avant Babel, nous dit le mythe, tous les hommes sur Terre parlaient une seule langue et utilisaient les m\u00eames mots.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Le mythe veut que des gens aient \u00e9migr\u00e9 de l&rsquo;Est vers une plaine dans le village de Sennaar et s&rsquo;y soient install\u00e9s ; ils ont d\u00e9cid\u00e9 de construire une ville et une tour pour atteindre les cieux, afin de se faire un nom et de ne pas se disperser sur la Terre.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Mais une fois de plus, Dieu est intervenu et a brouill\u00e9 leur langage, faisant en sorte que les gens ne se comprennent plus : Dieu voulait qu&rsquo;ils soient dispers\u00e9s sur toute la Terre.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Dans ce mythe, nous retrouvons le th\u00e8me de la division, comme si Dieu, apr\u00e8s avoir pi\u00e9g\u00e9 l&rsquo;humanit\u00e9 sur Terre, voulait l&#8217;emp\u00eacher de se r\u00e9unir (religio, en latin) avec le Tout-Puissant : la construction de la Tour n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la tentative de l&rsquo;homme d'\u00a0\u00bbaspirer au Ciel\u00a0\u00bb d\u00e8s sa vie terrestre ou, en d&rsquo;autres termes, de se comparer \u00e0 Dieu.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Rappelons que la Tour de Babel est appel\u00e9e Etemenanki en sum\u00e9rien, dont le sens originel est \u00ab\u00a0maison des fondations du Ciel et de la Terre\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0pierre angulaire du Ciel et de la Terre\u00a0\u00bb.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Dans une interpr\u00e9tation plus conforme \u00e0 la vision franc-ma\u00e7onne, on pourrait dire que le Dieu d\u00e9crit dans la Bible punit les hommes, les dispersant aux quatre coins de la Terre, parce qu&rsquo;ils ont tent\u00e9 de poser la pierre angulaire de la Tour, ou du Temple, destin\u00e9e \u00e0 r\u00e9unir la Terre et le Ciel.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>La chute d&rsquo;Eden et la diaspora apr\u00e8s Babel sont donc deux mythes fondamentaux de s\u00e9paration racont\u00e9s par les textes sacr\u00e9s, qui partagent un sens all\u00e9gorique de punition pour un acte de d\u00e9sob\u00e9issance : l&rsquo;Homme qui veut \u00eatre comme Dieu, ou peut-\u00eatre dirais-je l&rsquo;Homme qui veut \u00eatre r\u00e9uni avec Dieu, qui veut trouver le Divin en lui-m\u00eame.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Ces deux faits, qui restent bien s\u00fbr dans le cadre du mythe et en dehors de toute observation th\u00e9osophique et religieuse, sont annonciateurs d&rsquo;effets extraordinaires : de la chute d&rsquo;Adam et Eve sur la Terre na\u00eet l&rsquo;Humanit\u00e9, tandis que de la diaspora de Babel naissent des langues, des cultures, des ethnies, des nations. Un chemin de s\u00e9paration, donc, qui est non seulement n\u00e9cessaire, mais qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 l&rsquo;une des plus grandes richesses de l&rsquo;humanit\u00e9 : la diversit\u00e9, la multiplicit\u00e9.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Comme toujours, alors que d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 commence un chemin de division, de diff\u00e9renciation, d&rsquo;individualisation, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 commence un chemin beaucoup plus complexe et plus long de r\u00e9unification, de retour du multiple \u00e0 l&rsquo;Un.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Au fil du temps, la Soci\u00e9t\u00e9 Profane a souvent tent\u00e9 de cr\u00e9er artificiellement des langues universelles, c&rsquo;est-\u00e0-dire des langues capables d&rsquo;\u00eatre comprises par tous au-del\u00e0 des barri\u00e8res linguistiques. Citons par exemple la monnaie : elle poss\u00e8de son propre langage universel, un ensemble de r\u00e8gles pr\u00e9cises partag\u00e9es au niveau mondial qui permettent \u00e0 toutes les monnaies du monde de se parler, dans tous les pays du monde, 24 heures sur 24, 365 jours par an.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>De m\u00eame, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;esp\u00e9ranto, la Profane Society a \u00e9lu l&rsquo;anglais comme langue standard de facto dans le monde entier : bien qu&rsquo;elle ne soit pas la plus r\u00e9pandue dans le monde, puisqu&rsquo;elle n&rsquo;arrive qu&rsquo;en troisi\u00e8me position apr\u00e8s le chinois mandarin et l&rsquo;espagnol, elle est certainement la langue la plus fonctionnelle \u00e0 cette fin. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;elle est la langue de r\u00e9f\u00e9rence du mod\u00e8le \u00e9conomique h\u00e9g\u00e9monique mondial, d&rsquo;origine am\u00e9ricaine et anglo-saxonne, ensuite parce que c&rsquo;est une langue simple ou, pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, une langue difficile \u00e0 bien parler mais facile \u00e0 parler de mani\u00e8re simplifi\u00e9e.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Il est donc parfaitement adapt\u00e9 \u00e0 cet objectif.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, la Soci\u00e9t\u00e9 Profane a choisi comme langues universelles celles qui ont la structure d&rsquo;un protocole : des syst\u00e8mes de r\u00e8gles partag\u00e9es, commun\u00e9ment adopt\u00e9es par tous, qui permettent aux hommes, mais mieux encore aux machines, de communiquer entre eux.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>En effet, les langues universelles de la soci\u00e9t\u00e9 profane sont instrumentales. Elles ne sont pas n\u00e9es pour aider les hommes \u00e0 mieux se comprendre, \u00e0 communiquer leurs pens\u00e9es, leurs sentiments et leurs \u00e9motions. Elles ne visent pas le dialogue, la compr\u00e9hension mutuelle, l&#8217;empathie, et donc \u00e0 unir les hommes et \u00e0 les rendre tous plus \u00e9gaux, plus libres et finalement plus fr\u00e8res.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Au contraire, ils ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us dans le seul but d&rsquo;\u00e9changer des informations, n\u00e9cessaires au monde profane pour fonctionner selon les mod\u00e8les, les r\u00e8gles et surtout les limites impos\u00e9es par les mod\u00e8les \u00e9conomiques dominants qui se sont succ\u00e9d\u00e9 au fil du temps.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>C&rsquo;est la raison et la limite de l&rsquo;\u00e9chec des langues universelles profanes : ne pas pouvoir aller dans les profondeurs de l&rsquo;\u00e2me humaine pour saisir et communiquer l&rsquo;essence, qui ne r\u00e9side pas dans le langage de l&rsquo;esprit mais dans celui de l&rsquo;\u00e2me.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Cependant, certains langages universels y parviennent : par exemple la musique, comme nous l&rsquo;avons tous exp\u00e9riment\u00e9 en personne hier soir. La musique s&rsquo;exprime dans un langage qui d\u00e9passe les distinctions de langue, de culture, de nation : on dit que la musique de jazz est n\u00e9e dans les taudis de la Nouvelle-Orl\u00e9ans parce que les gens y parlaient cinq langues diff\u00e9rentes et ne pouvaient pas se comprendre, et que le seul moyen de communiquer \u00e9tait le jazz.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>La musique sait atteindre chacun par des chemins qui nous sont encore en partie inconnus, mais qui passent par notre essence profonde, par ce que nous sommes vraiment, au-del\u00e0 de toute superstructure : La musique est le fil qui coud l&rsquo;esprit au c\u0153ur.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>M\u00eame le langage corporel est universel, en particulier sa plus haute expression repr\u00e9sent\u00e9e par la sexualit\u00e9. Une sexualit\u00e9 sacr\u00e9e, qui identifie dans le rite sexuel une source d&rsquo;\u00e9nergie, comme dans les rituels tantriques qui utilisent cette \u00e9nergie pour \u00ab\u00a0fusionner\u00a0\u00bb le double en un seul, ou une red\u00e9couverte du pouvoir cr\u00e9atif, r\u00e9g\u00e9n\u00e9rateur et transformateur de l&rsquo;acte sexuel, comme dans le culte de la Grande M\u00e8re, qui liait les rites sexuels aux rites de fertilit\u00e9 de la Terre M\u00e8re.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Ce n&rsquo;est pas un hasard si la soci\u00e9t\u00e9 profane a, au fil du temps, diabolis\u00e9 et r\u00e9ifi\u00e9 l&rsquo;acte sexuel, au point de faire perdre aux hommes le contact avec la partie divine que la sainte sexualit\u00e9 nous permet de red\u00e9couvrir.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Et puis il y a le langage des actions. Une action est beaucoup plus difficile \u00e0 comprendre : alors qu&rsquo;un discours peut \u00eatre exploit\u00e9, et que m\u00eame la traduction d&rsquo;une pens\u00e9e d&rsquo;une langue \u00e0 une autre peut trahir le sens originel, une action parle d&rsquo;elle-m\u00eame sans avoir besoin d&rsquo;\u00eatre d\u00e9cod\u00e9e, r\u00e9v\u00e9lant ainsi dans le geste \u00e0 la fois l&rsquo;intention et le destinataire et, finalement, le chemin.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 dit, lorsque la parole devient un acte, tout devient clair, tout devient lumi\u00e8re.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Je voudrais m&rsquo;arr\u00eater un instant sur ce chemin, en adressant une pens\u00e9e \u00e0 toutes ces actions qui, par la clart\u00e9 de leur objectif, illuminent notre vie d&rsquo;une lumi\u00e8re pure, des actions qui ont le pouvoir de balayer les ombres du doute et de montrer au monde ce qui est souvent invisible.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Je voudrais que notre pens\u00e9e aille \u00e0 tous les Fr\u00e8res qui, au prix du sacrifice extr\u00eame, pouss\u00e9s par le sens du devoir et soutenus par le courage qui, s&rsquo;il est rare chez les hommes, ne l&rsquo;est pas chez les F\u02d9. M.\u02d9., donnent leur vie pour sauver les innocents ; je voudrais que notre pens\u00e9e, une minute, ** si l&rsquo;Orient en est d&rsquo;accord **, aille aujourd&rsquo;hui au Fr\u00e8re Arnaud Beltrame de R.\u02d9.L.\u02d9. J\u00e9r\u00f4me Bonaparte \u00e0 l&rsquo;Orient de Rueil-Nanterre, France.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Et, d&rsquo;une importance fondamentale pour nous F.\u02d9. M.\u02d9, il y a le langage des symboles : un langage bien connu de nous, puisque tout dans notre Confr\u00e9rie est symbolique, tout est fait de symboles : nous utilisons des symboles et des gestes rituels pour nous reconna\u00eetre les uns les autres \u00ab\u00a0d&rsquo;apr\u00e8s les signes que nous montrons\u00a0\u00bb, et plus encore pour communiquer entre nous.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Les symboles proviennent de quelque chose qui a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 pour \u00eatre r\u00e9assembl\u00e9. Parfois, cependant, un symbole se manifeste apparemment dans sa totalit\u00e9, alors pourquoi l&rsquo;appelons-nous symbole ?<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Car la cl\u00e9 du d\u00e9codage, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;autre partie du code, la partie inconnue, se trouve dans la sagesse du F.\u02d9. M.\u02d9. qui a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 puis instruit pour reconna\u00eetre le symbole. Une partie du symbole est ce que l&rsquo;on poss\u00e8de, c&rsquo;est-\u00e0-dire ce qui est visible ; l&rsquo;autre partie est quelque chose que l&rsquo;on conna\u00eet, ou mieux que l&rsquo;on reconna\u00eet.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Le rituel lui-m\u00eame, \u00e0 travers les trois degr\u00e9s de la Franc-ma\u00e7onnerie bleue, est un symbole agi : nous le vivons aujourd&rsquo;hui car notre rituel est fait de gestes, de sons, de rythmes plus encore que de mots. Nous tous, qui sommes aujourd&rsquo;hui r\u00e9unis dans ce lieu symbolique en soi, nous d\u00e9passons d\u00e9j\u00e0 Babel car le rituel que nous pratiquons est un symbole agi et transcende les langues dans lesquelles il s&rsquo;exprime.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Quel est donc le chemin que le F.\u02d9. M. doit parcourir dans son exp\u00e9rience initiatique pour d\u00e9passer Babel ? Quel est le chemin qui conduira les hommes \u00e0 se reconna\u00eetre Fr\u00e8res, appartenant tous \u00e0 la m\u00eame Famille, \u00e0 la m\u00eame Humanit\u00e9, au m\u00eame Nous qui peut enfin d\u00e9passer l&rsquo;individualisation et aller au-del\u00e0 de l&rsquo;Ego ?<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 vu que les langues universelles de la soci\u00e9t\u00e9 profane ne peuvent atteindre ce but : elles ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues selon une logique rationnelle, mais la connaissance rationnelle divise, parce qu&rsquo;elle fonctionne par analyse, et donc toute tentative de rechercher l&rsquo;unit\u00e9 avec la seule force de la raison est vou\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Au contraire, la connaissance intuitive est unificatrice, car elle raisonne par synth\u00e8se : ainsi, le chemin \u00e9sot\u00e9rique qui d\u00e9passe l&rsquo;Ego, la s\u00e9paration, la Babel des hommes doit n\u00e9cessairement passer par le Nous, la conscience d&rsquo;appartenir \u00e0 une m\u00eame Humanit\u00e9, \u00e0 une m\u00eame famille de Fr\u00e8res, pour se retrouver enfin dans l&rsquo;Un indivis.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>D\u00e9poser, s&rsquo;huiler, enlever : comme l&rsquo;initi\u00e9 apprend \u00e0 enlever de la pierre brute pour la transformer en pierre polie puis en pierre cubique, comme le sculpteur enl\u00e8ve de la pierre pour laisser sortir la statue cach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, alors nous tous, F.\u02d9. M.\u02d9. devons \u00eatre des sculpteurs de nous-m\u00eames. En apprenant \u00e0 enlever tout ce qui est superstructure pour acc\u00e9der \u00e0 ce qui est essence, nous pourrons descendre d&rsquo;un cran, de ce qui est langage \u00e0 ce qui est m\u00e9ta-langage : le symbole.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Nous tous, F.\u02d9. M.\u02d9, initi\u00e9s et instruits \u00e0 l&rsquo;Art Royal, avons pour mission premi\u00e8re la recherche de la \u00ab\u00a0Parole Perdue\u00a0\u00bb, et de recr\u00e9er \u00e0 nouveau l&rsquo;\u00e9tat adamique, en ressuscitant apr\u00e8s une mort initiatique comme notre Ma\u00eetre-Symbole Hiram Abiff : ainsi, en imitant Hiram, b\u00e2tisseur du Temple de J\u00e9rusalem, nous pouvons reconstruire le si\u00e8ge de la Lumi\u00e8re et notre Temple int\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de notre corps.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Le mot perdu est le pouvoir de cr\u00e9er : au moment m\u00eame o\u00f9 l&rsquo;humanit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9e de Dieu, le v\u00e9ritable sens du mot a \u00e9t\u00e9 perdu. Et si la Parole perdue n&rsquo;\u00e9tait rien d&rsquo;autre que le Logos cr\u00e9ateur ?<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Nous retrouvons donc ici le message de l&rsquo;\u00c9vangile de Jean dont nous sommes partis : le Logos s&rsquo;est fait homme, la puissance divine cr\u00e9atrice et sa cr\u00e9ature se retrouvent et se reconnaissent mutuellement comme un tout. La d\u00e9couverte de la \u00ab\u00a0Parole perdue\u00a0\u00bb signifie se red\u00e9couvrir et red\u00e9couvrir la v\u00e9ritable nature divine dans l&rsquo;homme, c&rsquo;est-\u00e0-dire prendre conscience que Dieu et l&rsquo;homme partagent la m\u00eame essence.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>La boucle est boucl\u00e9e : dans notre voyage \u00e9sot\u00e9rique de r\u00e9unification de notre essence humaine avec notre essence divine, le symbole se r\u00e9unifie, nous permettant d&rsquo;\u00eatre divinement humains.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Nous sommes des rebuts. Autrefois, nous faisions partie du Tout, puis nous en avons \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9s. Mais chaque F.\u02d9. M.\u02d9. sait qu&rsquo;il est lui-m\u00eame un symbole, puisque son destin est d&rsquo;\u00eatre r\u00e9uni au Tout dont il est issu et que nous appelons G.\u02d9.A.\u02d9.O.\u02d9.T.\u02d9.U.\u02d9.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>Dans ce retour au Tout, qu&rsquo;est la recherche de la Parole perdue, le destin des F.\u02d9.M.\u02d9. s&rsquo;accomplit : nous pouvons aller au-del\u00e0 de Babel, d\u00e9passer les diff\u00e9rences de langue, de culture, d&rsquo;ethnie, aller au-del\u00e0 de la s\u00e9paration originelle et red\u00e9couvrir le pouvoir de nous comprendre au-del\u00e0 des langues lorsque nous nous \u00a0\u00bb rassemblerons \u00ab\u00a0, nous r\u00e9unirons ce qui est dispers\u00e9, nous reconna\u00eetrons pleinement notre essence divine et enfin nous trouverons la Parole perdue.<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai dit&#8230;<br\/><br\/><\/p>\n\n<p>B\u2234 E\u2234 C\u2234<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Au commencement \u00e9tait le Verbe, et le Verbe \u00e9tait avec Dieu, et le Verbe \u00e9tait Dieu. [Toutes choses ont \u00e9t\u00e9 faites par lui, et rien de ce qui a \u00e9t\u00e9 fait n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 fait sans lui.<\/p>\n<p>Le prologue de l&rsquo;\u00c9vangile de Jean, l&rsquo;un des livres sacr\u00e9s de la franc-ma\u00e7onnerie&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":3353,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[39],"tags":[],"class_list":["post-3795","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-montebelli-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cglem.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3795","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cglem.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cglem.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cglem.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cglem.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3795"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cglem.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3795\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cglem.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3353"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cglem.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3795"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cglem.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3795"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cglem.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3795"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}